Mèknes

Meknès -Maroc

Meknès à tire son nom du berbère Meknassa du nom de la tribu fondatrice de la ville. Les habitants de cette tribu s’appelaient Amknassen, Amknasse au singulier qui signifie guerrier et combattant. Elle est le chef-lieu de la région administrative de Meknès-Tafilalet, au centre du pays. La ville est située à 120 km à l’est de Rabat et à 60 km à l’ouest de Fès. C’est l’une des quatre villes impériales du Maroc. Elle fut la capitale du Maroc durant le règne de Moulay Ismaïl sous la dynastie Alaouite. L’histoire de Meknès semble remonter à la création d’une bourgade rurale non fortifiée au VIIIe siècle. L’installation au IXe siècle d’une tribu berbère, les Meknassa, qui établissent leur campement au nord de l’oued Boufekrane, donne son nom à la ville. Les Almoravides en font un site militaire au XIe siècle. Les Almohades détruisirent la cité, coupable de résistance, pour en construire une plus grande et plus charmante avec des mosquées et puissantes fortifications. Lorsqu’ils s’en emparèrent, les Mérinides construisirent des médersas, des kasbahs et des mosquées au début du XIVe siècle. Sous les Wattassides, elle constituait une ville prospère. Au XVIIIe siècle, Meknès est devenue la capitale administrative du Maroc, sous le règne du sultan alaouite Moulay Ismail, qui a fait la gloire de la ville grâce à l’argent tiré de la revente des marins chrétiens capturés sur mer et gardés dans l’immense prison souterraine« Prison de Cara ».

Monuments & attractions touristiques de la ville de Meknès :

Plusieurs édifices Historiques Religieux et d’enseignement de Meknès: Mausolée Moulay Ismaïl, Mosquée Néjjarine, La grande mosquée, Mosquée Jamaï Roua, Mausolée Cheikh El kamel, Medersa Bouanania et Medersa Filalia.  Musées de la ville Meknès : le Musée Dar Jamaï et le  Musée de la poterie rifaine.  Jardins de la ville de Meknès : Jardin Lahboul et Bassin Agdal. Monuments de la ville de Meknès : Koubat Al Khayatine, Bab Lakhmis, Bab Berdaïne, Bab Mansour, Dar El Beida , Fandouk El Hanna, Ksar Mansour, Le Haras, Grenier et écuries, Prison de Cara, Le palais Dar El Makhzen et Golf royal. En plus de ses monuments la ville accueille chaque année le Salon International de l’Agriculture du Maroc (S.I.A.M), sur le site historique Hri Swani près du bassin Sahrij Swani.

Les Alentours de Meknès :

Moulay Driss Zerhoun : à 25Km de Meknès, cette petite ville abrite le tombeau du fondateur de la dynastie Idrisside, première dynastie ayant gouverné le Maroc, « Idriss 1ér »

– Volubilis : « Walili » en berbère, c’est une ville antique romaine située non loin de Moulay Driss Zerhoun, ce site tient son nom à l’abondance de la fleur portant la même appellation, quelques monuments de la ville romaine sont toujours présents.

– Station Thermale de Sidi Hrazem : à une vingtaine de Kilomètres de Meknès, la station de Moulay Yaacoub est la plus importante station thermale du Maroc avec ses eaux naturels qui émergent à 54° C chlorurées, sodiques et sulfurée, d’une teneur exceptionnelle, avec son aménagement et ses établissements d’hébergement spécialisés dans le Thermalisme et le Tourisme Médicinal, la station de Moulay Yacoub est une station très prisée à la fois par une clientèle marocaine et une clientèle internationale à la quête de bien être et de la remise en forme.

– Station Thermale de Moulay Yacoub : avec son eau minérale réputée posséder des vertus curatives pour les maladies du foie et des reins. Il s’agit d’une eau plate bicarbonatée magnésienne et peu minéralisée provenant d’une source chaude de 35°C. SIDI HARAZEM est l’une des deux stations thermales de la région de Fès, celle-ci se trouvant à environ 30 km à l’Est.

Visite de la ville de Meknès

Comme souvent, la visite d’une ville marocaine commence par la médina, autrement dit la vieille ville. C’est ici que l’on pourra vraiment s’immerger dans l’atmosphère locale. A Meknès, la médina n’est pas excessivement grande et il est agréable de s’y promener. Le point de départ est l’immense place El Hédim place jumelle de la place Djamaa Lafna de Marrakech.

Porte Bab Mansour el Aleuj  :

Bab Mansour El Alj qui s’ouvre sur l’immense place El-Hédim, une belle toile peinte sur 200 m de long et 100 m de large. «Bab Mansour» est considérée comme la plus belle des portes du Maroc. «Sa symétrie est remarquable, et sa taille surprenante. Comme toutes les réalisations du sultan visionnaire, ce qui en émane est l’élégance, la robustesse et la puissance». Devant cette place on pourra admirer la plus belle porte du Maroc : la porte Bab Mansour el Aleuj. Magnifique, elle se dresse au sud de la place. Vous allez admirer la finesse et la complexité de l’ornementation ! Achevée en 1732 par Moulay Abdallah  fils du sultan Moulay Ismaïl, Bab Mansour el Aleuj est, de loin, la plus belle porte de Meknès. Selon la légende, cette porte serait l’œuvre d’un chrétien converti à l’islam, d’où son nom : « porte du renégat ». Sur le plan architectural, ce monument est incroyable. La symétrie est remarquable pour une porte aussi grande. Dominant l’immense place El-Hédime, elle est encadrée par deux superbes bastions dont les arches sont posées sur des colonnes de marbre. Les décorations qui ornent la façade sont magnifiques. A l’image de la ville et des constructions de Moulay Ismaïl, cette porte mêle force et robustesse avec une touche d’élégance. On la considère souvent comme la plus belle porte du Maroc ! Au nord de la place, vous pourrez contempler le palais Dar Jamaï.

Le palais Dar Jamaï : Situé au nord de la place El Hédime, le palais Dar Jamaï fut édifié au XIXe siècle par le vizir Jamaï. Cette demeure est typique des habitations de la haute bourgeoisie marocaine à cette époque. Depuis 1920, ce joli monument abrite un musée des Traditions du Maroc. C’est en le visitant que l’on pourra se rendre compte du luxe dont bénéficiait le vizir. En effet, les appartements du vizir ont été reconstitués. Dans ce musée, on pourra également admirer l’artisanat Meknassis : céramiques, tapis, broderies, sculptures et bijoux. La tradition artistique de la ville est mise en valeur dans ce décor de rêve. Les différents bâtiments entourent une cour intérieure et son jardin andalou. On aurait presque envie de devenir vizir à la place du vizir ! Devant le palais Dar Jamaï, la célèbre Médersa Bou Inania en passant devant la Grande Mosquée.

La Médersa Bou Inania : Construite au XIVe siècle par le sultan Abou el Hassan de la dynastie Mérinide, la médersa Bou Inania est une école coranique donnant des cours de droit et de religion musulmane. La cour centrale est un symbole d’élégance orientale. La finesse des mosaïques de faïence émaillée et la beauté du plafond en bois de cèdre sculpté sont remarquables. Cette beauté contraste fortement avec les minuscules cellules qui servaient de chambre aux étudiants. Depuis la cour centrale, chaque petite fenêtre en bois du 1er étage indique une chambre.Enfin, depuis la terrasse, on pourra admirer une des plus belles vues de la ville sur la médina et sur le minaret de la Grande Mosquée. Arrivé devant la médersa, la Kissaria, un marché ouvert vieux de sept siècles. De nombreux artisans traditionnels y travaillent. Vous pouvez admirer leurs plus belles pièces, fruits d’un savoir-faire plusieurs fois centenaire. Dans l’après-midi, les ventes aux enchères offrent un véritable spectacle.

Dar el Makhzen et cité impériale de Meknès

Rêvant d’un  » Versailles marocain « , le sultan Moulay Ismaïl entreprit au XVIIe siècle l’édification d’une incroyable cité impériale. 25 kilomètres de remparts étaient nécessaires pour protéger cette magnifique cité comprenant des avenues interminables et des places gigantesques, sans parler de la taille des bâtiments. Vous comprenez mieux pourquoi il est impossible de venir à Meknès sans passer par la cité impériale. A noter : le circuit touristique fait plus de 10 km à pied. La balade vaut vraiment le détour ! Le début de la visite commence sur la place Lalla Aouda, accessible depuis la porte Bab Mansour el Aleuj. De là, la visite se fera naturellement et vous pourrez voir successivement les monuments cités ci-dessous Le Mausolée de Moulay Ismaïl

Mausolée de Moulay Ismaïl qui est l’une des rares mosquées marocaines ouvertes aux non musulmans.

Ce tombeau est, en fait, une mosquée qui abrite les dépouilles de Moulay Ismaïl et de sa famille. Chose rare, cette mosquée est ouverte en partie aux non musulmans. Vous allez admirer les nombreuses salles à ciel ouvert décorées par de superbes mosaïques. Seuls les musulmans ont accès à la chambre funéraire. On pourra néanmoins voir les deux pendules offerts par Louis XIV au sultan lorsqu’il lui refusa la main de sa fille. De là, nous partons vers dar el Makhzen, autrement dit le palais où réside régulièrement la famille royale. Ce palais ne peut pas être visité.

Dar el Ma : est littéralement, la maison de l’eau. Edifiée par ordre de Moulay Hassan, cet immense bâtiment intègre des puits de quarante mètres de profondeur. Actuellement le toit du Dar el Ma est aujourd’hui aménagé en café terrasse. On appréciera la vue d’ensemble sur la cité impériale et le bassin de l’Agdal (Semblable au bassin de la ménara de Marrakech mais plus grand).  Juste à côté, se dresse l’immense Héri es Souani ou grenier qui abritait les réserves alimentaires de la ville ainsi que le grain pour les nombreux chevaux du sultan. On raconte que Moulay Ismaïl, craignant d’être assiégé, aurait ordonné la construction de ce grenier aux proportions titanesques pour pouvoir alimenter la ville pendant 20 ans. Le bassin de l’Aguedal est, en fait, un réservoir d’eau alimenté par une canalisation longue d’environ 25 km. Etalé sur plus de 10 hectares, ce bassin servait à l’irrigation des jardins du sultan. En temps de guerre, ce bassin aurait pu faire office de réservoir d’eau pour toute la ville. Continuons dans la démesure avec la visite des écuries. Une salle immense supportée par des centaines de piliers abritait autrefois les 12 000 chevaux du sultan. Aujourd’hui, le haras n’élève plus que 450 purs sangs. Enfin vous pouvez terminer votre balade en longeant les remparts pour admirer les nombreuses portes, tous gigantesques mais toutes différentes. Tout ici est majestueux ! Hollywood l’a d’ailleurs bien compris puisque la cité impériale est un lieu de tournage très prisé.

Les principales portes de Meknès : Meknès à  70 portes et portails  les plus connues après celle de Bab Mansour :

Bab Berdaïne : s’ouvre sur le quartier nord de la médina. Elle est dotée de deux bastions carrés, décorés de faïences vertes.  Elle compense son allure massive par une ornementation de céramiques à dominante verte et une riche décoration de caractères coufiques en zelliges.

Bab El Khmis : constituait l’entrée principale de la ville des jardins et de l’ancien mellah (le quartier juif). Elle est encadrée de deux bastions ornés d’écoinçons à cartouches verts, arbore une riche décoration où se mêlent ornements curvilignes très colorés et caractères coufiques. Une inscription gravée sur le fronton de la porte, traduit l’ambition du sultan qui la commanda : «Je suis la porte ouverte à tous les peuples, qu’ils soient d’Occident ou d’Orient». Un peu plus loin, se découvre une belle strophe : «Je suis la porte heureuse semblable, par ma gloire, à la pleine lune dans le ciel».

Volubilis :

Construite quelques années avant notre ère, Volubilis est conquise au 1er siècle par les Romains qui en font une véritable cité antique. Aujourd’hui, la grandeur et le cadre du site ainsi que la beauté des mosaïques font de ces ruines romaines les plus belles du Maroc. Situé à l’ouest du massif de Zerhoun au bord de l’Oued Khoumane, Volubilis est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Désireux d’établir un « quartier général » pour contrôler le Maghreb, les Romains envahissent la ville vers l’an 40 après JC. Ils édifient de nombreux monuments et places qui font le charme d’une cité romaine. Forum, basilique, capitole, arc de triomphe, maisons bourgeoises, rues commerçantes, tout y est ! Les 40 hectares de la cité sont bientôt entourés par une muraille. Véritable carrefour entre le nord et le sud, Volubilis se développe grâce au commerce de l’huile d’olive. A la fin du IIIe siècle, les Romains se replient vers Tanger et le déclin de la ville commence. Malgré un léger sursaut au VIIIe siècle avec l’islamisation des habitants, Volubilis est totalement désertée au XVIIIe siècle. Le sultan Moulay Ismaïl qui veut faire de Meknès un « Versailles marocain » n’hésite pas à piller les richesses de Volubilis pour construire son propre palais. Enfin, Volubilis est totalement détruit par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, malgré la distance.